Comment pouvait-on imaginer qu'un couple de personnes âgées puissent vivre en plein c½ur de Menton, fief de la « plus gentille » sénatrice de France et de Jean Claude Guibal, le non moins « célèbre » député de la 4ème circonscription des Alpes Maritimes ?
Ce couple, que notre rédaction se refuse de montrer en photo, a fait preuve d'une humilité exemplaire en comparaison à leur histoire de vie : un fils assassiné à Beausoleil par arme blanche, pour des raisons particulières et un mari amputé d'une jambe.
Marie et Jeannot sont restés fiers, silencieux, et sans l'intervention de plusieurs Mentonnais humains qui ne supportaient pas de rester muets, ils auraient pu vivre encore longtemps dans les odeurs d'urines qui envahissent, quoi qu'on puisse faire les latrines publiques.
Mais comment pouvons-nous en arriver là ?
Combien d'hommes et de femmes dorment dehors en hiver, sous des cartons et dans des tentes de fortune ?
Les statistiques donnent de 80 000 à 100 000 SDF en France, données confirmées par l'INSEE qui amplifie le nombre à 106 000. Il y en a beaucoup, hélas, et il serait difficile d'incriminer directement le député maire de la ville sous le prétexte qu'il est « doué » et « célèbre ». C'est donc, avant d'être Mentonnais, un problème national que chacun devra résoudre en fonction de sa population et de sa richesse. En tirant les gens par le bas à petites doses de RMI, puis de RSA sans développer la formation à outrance. On peut d'ores et déjà imaginer que la Riviera Française puisse un jour endiguer ce genre de situation insupportable. N'oublions pas que le département des Alpes-Maritimes est au « hit parade » des grandes fortunes avec 18 926 contribuables qui payent L'ISF, l'Impôt déclaratif Sur la Fortune. A moins que cet impôt puisse un jour être directement redistribué aux plus pauvres. Ce qui satisferait certainement beaucoup plus ceux qui le payent avec réticence ici ou ailleurs.
Promesses permanentes
« Nous avions peur de terminer dans la rue », sanglote Marie en regardant son mari avec tristesse. « On nous faisait des promesses, mais nous restions là. De temps en temps, certains voulaient nous aider, mais nous avions peur de perdre notre travail et de ne plus rien avoir »
Un préfet très réactif et humain
Si la « gentille » sénateur et le « célèbre » député ont mis du temps à réagir (très certainement par manque de temps ) le préfet, Francis Lamy, a été, quant à lui, d'une réactivité à toutes épreuves.
Et il a démontré qu'il n'était pas nécessaire d'être parlementaire pour prendre les bonnes décisions. Marie et Jeannot ont donc quitté les toilettes publiques, d'abord pour un hôtel simple mais douillet, puis pour un appartement provisoire.
Reste à comprendre aujourd'hui comment et pourquoi ce couple a vécu passivement ce cauchemar dans des toilettes publiques de la ville de Menton.
Kevin Adonios Picard